Rok, tome 1 (1960-1989) : 50 ans de musique électrifiée en Bretagne

Publié le par Jean Théfaine

DSCF4778.JPGBien qu’étant un des nombreux auteurs (flatté d’en être) du pavé Rok, édité par les Editions de Juillet et sorti en librairie courant novembre dernier, j’ai beaucoup tardé à me manifester pour dire tout le bien que j’en pense. Une faute caractérisée, car c’est du lourd (2,365 kilos, j’ai pesé) cette aventure initiée par l’ex-Marquis de Sade Frank Darcel et conduite, sans lampe frontale ni coupe-coupe (encore que), mais avec souvenirs certifiés et passion inextinguible. Au fur et à mesure de leur avancée dans la jungle, les archéologues ont d’ailleurs déterré tant et tant de trésors que décision a été prise qu’il y aura un second tome, annoncé pour fin 2011, qui scannera la période 1990-2010. En attendant, la compil’ 1960-1989 est là et elle a de la gueule.

Normal : la première chose que fait l’acheteur fébrile, c’est de zapper de photo en photo. Une montagne d’images, souvent inédites, qui racontent en noir et blanc la saga des musiques électrifiées en Bretagne. Des instantanés notamment signés Richard Dumas, Yves Quentel, Jean-Baptiste Mondino, Jea-Louis Rancurel… Des Devils de Saint-Nazaire, qui ouvrent le bal page 15, à l’équipe au complet des Transmusicales 1989 (Hervé Bordier, Béatrice Macé, Jean-René Courtès et Jean-Louis Brossard) qui ferment la marche page 328, c’est un régal pour amateurs. Avec pauses prolongées sur d’authentiques documents.

Les textes, eux, introduits par une courte variation de Miossec (« Ne gueulez pas sur le patron, la patronne s’en charge »), tentent de répondre à LA question qui a justifié le bouquin : existe t-il une spécificité du rock breton ? Il faut croire que oui, argumente Frank Darcel dans un bel édito, même si, conclut-il, « ça s’est fait à l’instinct finalement, parce que c’est juste une question de foi, au fond. »

Les suspicieux regretteront probablement telle ou telle absence. Mais comme l’ouvrage n’a pas vocation encyclopédique, le commun des mortels et des survivants se retrouvera certainement dans ce plan large fourmillant d’anecdotes où se cotoient l’essentiel de ceux qui ont fait l’histoire. Les célèbres et les marquants, bien sûr, mais aussi des figures météoriques et brûlantes comme Félix Bagheera, le chanteur du groupe Nicolas Cruel, « cinglé magnifique » auquel le Brestois Jean Moul consacre un hommage – osons le mot – bouleversant.

 Rok, 340 pages abondamment illustrées, Editions de Juillet. 38,30 euros.  

 

Publié dans Toutes les musiques

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