Petite Planète, tome 8 : Eric Lareine et Clelia Vega

Publié le par Jean Théfaine

ERIC LAREINE et leurs enfants. Il a une gueule de bad boy mélancolique, ou de bourlingueur fatigué, ou de poète sans papiers. A vous de choisir. Ou pas, car Eric Lareine c’est tout ça à la fois. Un drôle de mec: Toulousain d'ancrage, comme Nougaro, mais né à Charleville, comme Rimbaud. Hé oui, ça ne s’invente pas. Un charcuté vif qui, depuis bientôt trois  décennies, emprunte obstinément les chemins de traverse (au début des années 80, il était le chanteur du groupe Recup’Verre). Rageur et habité, flambeur de mots qui brûlent et qui hantent. Seuls trois albums témoignaient jusqu’ici de ce qu’un journaliste a appelé son « irradiante intensité ». Le quatrième est là et, pour qui a le cœur et les oreilles libres, c’est un choc frontal.

 

 

 "La soupape”

 

Musicalement, on vogue entre jazz en cavale, funk barré et rock écorché, lenteurs troublantes et rugissements cuivrés. Des climats de guingois, aux allures de jungle sonore, au milieu desquels, entre cris et chuchotements, Eric Lareine balance ses fulgurances, d’une voix incandescente au phrasé arrache-tripes, quasi instrumental ; homme obstinément debout, mais définitivement en colère, arrachant du tréfonds de lui-même de noires pépites poétiques.

 

 

 

 

Ses compagnons de fortune (… leurs enfants, se sont eux), qui s’appellent Pascal Maupeu (guitares et banjo), Frédéric Gastard (saxos, claviers) et Fédéric Cavallin (batterie, glockenspiel), entretiennent le feu avec une sidérante complicité. Dans le magma, Eric Lareine jette parfois lui-même un trait d’harmonica avant de replonger au cœur du verbe. Ça n’a aucune chance de figurer dans un quelconque hit-parade, ça ne se fredonne pas, mais c’est formidable et addictif.

 CD Eric Lareine et leurs enfants, 10 titres, 40’01. Le Chant du Monde/Harmonia Mundi.

 

 

CLELIA VEGA, “Silent Revolution”. J’ai écrit cette chronique pour la revue urbaine nantaise Place Publique (http://www.revue-placepublique.fr/), où elle paraîtra début mai. Quand on aime, on ne compte pas : en avant-première, la voici, la voilà : « Un pied dans le folk, l’autre dans le trip-hop, ainsi va la mancelle Clelia Vega, dont le premier album, en anglais dans le texte, est sorti fin février chez Vicious Circle. Magnifique surprise que celle-là. A tel point qu’on se demande si la musique qui compte ne germine pas définitivement du côté des indépendants. PJ Harvey, Feist, Portishead, Radiohead, Goldfrapp, Martha Wainwright font partie des influences revendiquées par la jeune artiste et ça s’entend.

 

 

 

 

Ou plutôt, ça se sent tant ces influences-là sont intégrées dans un langage joliment personnel. Sur un titre comme Summer Days, la voix de Clelia Vega est carrément craquante. Et carrément troublante lorsqu’elle se pose ensuite sur la cristalline ligne de piano qui paraphe Children in the Trees. Envoûtant. »

 CD Silent Revolution, 11 titres, 44’01. Vicious Circle/Discograph.

 

 

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Jean Théfaine 01/06/2010 17:51


Le gag, c'est que Télérama vient d'accorder quatre clés à l'album d'Eric Lareine! Comme quoi, à cœur vaillant rien d'impossible. Au fait, tu as aimé?


Gérard Delahaye 01/06/2010 17:44


Eric Lareine :"ça n'a aucune chance de finir dan un hit parade".Mon bon monsieur, si on ne faisait que pour les hit parades, il resterait pas grand chose de la chanson ! S'il n'y avait que des
grands industriels et pas de PME ni d'artisans, le monde serait kaputt depuis belle lurette.(Je sais bien : c'est pas à toi que je vais l'apprendre!)