Murat, from Nashville…

Publié le par Jean Théfaine

Il y a dix ans, Jean-Louis Murat s’était frotté à l’Amérique une première fois, accouchant d’un splendide Mustango, enregistré à Tucson (Arizona) et New-York avec ce qu’on peut appeler du beau monde, dont le groupe Calexico et la chanteuse d’Elysean Fields. Quelques albums plus tard, dont l’avant-dernier, le magique Tristan, mis en boîte quasiment en solitaire, dans le repaire auvergnat de son auteur, l’imprévisible vagabond a de nouveau traversé l’Atlantique. Destination Nashville, cette fois. De cette escapade est né Le cours ordinaire des choses, une merveille de disque qui réussit l’exploit de marier pour le meilleur la si précieuse et si unique poésie muratienne avec les envolées mélodiques d’une country de grands espaces. « Mon meilleur disque », assure Jean-Louis, une vieille connaissance avec qui je partage sans chichis un large fonds de sauce musical, dont la country, précisément, qu’il y a peu de temps encore il était de bon ton de snober chez nous pour cause de relents populaires douteusement variétoches. Coupable méconnaissance, voire connerie primaire, que cette attitude-là. Bashung, déjà, l’avait démontré plusieurs fois. Murat remet ça en technicolor. Et ça l’fait grave.




Du tonique et flamboyant Comme un incendie au poignant et mélancolique Taïga, c’est un sans faute que signe ici l’ermite des puys. Si vous n’avez jamais aimé Murat, essayez ; on ne sait jamais, le philtre pourrait fonctionner. Si vous l’aimez vraiment, abandonnez d’éventuelles idées préconçues sur le pourquoi du comment, sur les routes et déroutes qui abondent dans l’œuvre du chantre d’Orcival. Nous ne sommes pas ici dans l’expérimentation sonore mais dans la chanson de noble extraction, celle qui peut se fredonner dans sa salle de bain tout en se promenant avec une éblouissante liberté et une sidérante virtuosité sur la gamme des mots et des sensations qui font émotion. L’or alchimique, en somme. Les bruissements qui semblent sourdre du portrait de couverture, le visage de l’hombre qui se fond dans le végétal jusqu’à devenir paysage lui-même pourraient être les premiers indices de la transmutation. J’exagère ? A vous de voir. En attendant, voici de larges extraits d’une interview que j’avais réalisée courant juillet pour la revue Chorus, hélas passée depuis à la trappe. Une interview inédite, donc, que j’avais envie de partager avec vous.  


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Pour ceux qui veulent en savoir plus sur Murat et son nouvel album, le lien ci-dessus renvoie à Twitter. Clic... 

Publié dans Toutes les musiques

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Jean Théfaine 13/02/2010 16:07


Cher Pierrot, merci pour ton blog dont je recommande chaudement le lien. Notamment, bien sûr, aux fans de Murat. L'interview de Jeanne Cherhal parlant de l'ermite auvergnat est un must! Encore
bravo.


Pierrot 13/02/2010 13:34


http://surjeanlouismurat.over-blog.com/article-inter-vious-et-murat-n-3-jeanne-cherhal-44390670.html

Jeanne CHERHAL parle de MURAT, de son travail avec Biolay....


pierrot 09/02/2010 17:06


merci pour le commentaire M. Théphaine! Oui,c'est assez bordélique mais c'et un truc de "fans": je vise à l'exhaustif (voeu pieu)!Je bacle certaines choses et essayent d'en chiader d'autres...
notamment,les interviews... D'ailleurs, après baptiste Vignol, une autre personnalité prochainement!...en attendant Jean Théphaine?


Pierrot 19/12/2009 13:24


http://surjeanlouismurat.over-blog.com/article-inter-vious-et-murat-numero-1-christophe-pie-41170983.html


Jean Théfaine 07/12/2009 09:31


Très intéressant, en effet, le site de Pierrot (http://surjeanlouismurat.over-blog.com/). Un peu bordélique, avec un mélange d'anecdotique et d'"essentiel" parfois agaçant, mais très riche en info.
Pour l'avoir visionnée, je recommande une interview récente d'une demi-heure de Murat sur Lyon TV. Ça démarre casse-gueule puis un climat s'installe et des choses fortes se disent...