Michel Trihoreau, deux fois

Publié le par Jean Théfaine

Triho2.jpegLa chanson de proximité. En matière de chanson, Michel Trihoreau en connaît un rayon, lui qui collabora au mensuel Paroles et Musiques, puis à la revue Chorus avant que celle-ci ne se fasse “planter”, durant l’été 2009, par son repreneur. Mais la chanson qu’il aime et défend n’est pas celle qui squatte les “playlists” des radios, sa tendresse allant plutôt vers celle, « authentique, vivante, éternelle », qui fleurit, loin des contraintes et du formatage, dans les petits lieux. Par pure passion, il s’est donc lancé dans une analyse « historique et actuelle » des caveaux, cabarets et autres salles conviviales, dont il écrit qu’ils sont et restent à la fois « les berceaux et les refuges des artistes majeurs de la chanson d’hier et de demain ». Son ouvrage, qui s’appelle La chanson de proximité, est d’une rare compétence sur le sujet. Dommage que, formellement (typographie, mise en page), il soit aussi austère, au point qu’une lecture initiale de la table des matières, parfaitement éclairante sur le contenu et sa pertinence, semble indispensable. Cela fait, dégustez la courte préface du grand Allain Leprest, puis l’avant-propos que Michel Trihoreau conclut ainsi : « C’est à la source qu’il faut boire quand on commence à douter de l’eau du robinet. »

La Chanson de proximité, par Michel Trihoreau, 190 pages. L’Harmattan, collection cabaret, 18 euros.

 

Triho1-copie-1.jpegrenCONTrES. Michel Trihoreau aime décidément musarder dans la marge. En témoigne un joli livre de nouvelles intitulé (attention, on respecte la typo) renCONTrES. Sous une belle jaquette noire, “habitée” par la silhouette d’un Brassens amaigri, avec guitare et pipe, de profil devant la mer, l’auteur a réuni vingt cinq courtes, subtiles et poétiques variations autour d’autant de chansons du grand Georges. Pour qui ne connaît pas à cœur l’œuvre du moustachu, il n’est pas toujours évident de “passer le pont”. Indépendamment de cela, les tranches de vie croquées là se savourent comme autant d’émotions simples et nues, teintées souvent de malice, voire d’ironie. « Il y a des rencontres qu’il ne faut pas manquer », écrit Paul-René di Nitto dans la préface. Surtout quand elles sont délicatement illustrées par des dessins en noir et blanc de Cathy Beauvallet.

renCONTrES, par Michel Trihoreau et Cathy Beauvallet, 90 pages. Les Editions du Petit Véhicule, 18 euros.

Publié dans Toutes les musiques

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