Profil

  • Longtemps journaliste au quotidien Ouest-France. Collabore au magazine Chorus/les Cahiers de la Chanson, et à la revue nantaise Place Publique. Auteur d'une biographie d'Hubert-Félix Thiéfaine (Fayard/Chorus) et d'un livre sur Tri Yann (Tournon).
  • Monde Musiques Chanson
  • 17/06/1942

Présentation

Syndication

  • Flux RSS des articles
Lundi 14 décembre 1 14 /12 /Déc 18:22

Le douzième marmot des Red Cardell est là. Pour avoir assisté – mille mercis pour le cadeau - à l’accouchement, dans la nuit de samedi à dimanche, au studio Alhambra-Colbert de Rochefort (sur mer), je peux témoigner que l’enfant est de toute beauté et qu’aucun forceps n’a été nécessaire. Cet album, Jean-Pierre Riou, Jean-Michel Moal et Manu Masko en rêvaient depuis un an ; Clive Martin à la production et Steff Mellino à la réalisation l’ont fait. Seuls maîtres à bord d’un cabin cruiser dont les propriétaires avaient choisi de leur remettre le trousseau de clés en entier, histoire de voir quel “supplément d’âme” pourraient apporter des intervenants extérieurs. Pour avoir longuement côtoyé le trio quimpérois en 2009 (sur disque, comme invité dans Le banquet de cristal, et sur scène lors d’une tournée qui s’est achevée en septembre à Ouessant), l’ex-Négresses Vertes Steff Mellino avait toutes les qualités requises. L’Anglais Clive Martin, lui, avait produit les Négresses au faite de leur gloire, après avoir notamment signé des albums de Queen et David Byrne. Mistral gagnant à priori, donc. Mistral gagnant, en effet…

Redcardell

En studio, vers 2 h, dans la nuit de samedi à dimanche, et de gauche à droite : Manu Masko, Clive Martin, Jean-Pierre Riou et Steff Mellino. Un absent de marque : Jean-Michel Moal, qui n’a pu descendre à Rochefort que dimanche…

 

Jamais disque de Red Cardell n’a sonné aussi bien, aussi dense et aéré à la fois, aussi cohérent surtout, que celui-ci, qui sortira en mars prochain. Aucune scorie ne vient troubler la montée en puissance et en émotion des douze titres qui composent la toile entre mélancolie arrache-cœur (Comme une pierre qui roule -  une référence dylanienne qui se passe de traduction et de commentaire - est carrément une GRANDE chanson), vagabondages world, parfums cajun ou tex-mex, senteurs slaves, pulsations rock et autres voyages rythmiques. L’idée du voyage est d’ailleurs la clé de voûte de ce douzième opus, dont la pochette sera illustrée par une très belle photo prise par Manu Masko en Tchéquie et retravaillée par un designer : la silhouette d’une  “Micheline” traçant  en solitaire sa route sur rail à travers un paysage plat et nu. Un paysage de partout et de nulle part, qui pourrait “sortir” d’un film du Russe Mikhalkov (Urga, Soleil trompeur…), d’un western de Sergio Leone ou d’une pampa non identifiée.

Redcardell2

Devant la console, aux heures pâles de la nuit, Manu Masko et Jean-Pierre Riou. 



Soleils blancs
, c’est le titre qui semble tenir la corde pour cet opus en plénitude, dont on peut espérer qu’il permettra enfin à Red Cardell d’accéder à la notoriété qu’il mérite et que lui reconnaissent déjà une large partie de ses pairs et un public d’inconditionnels. L’écriture puissante et organique, la voix si humaine et le jeu de guitare de Jean-Pierre Riou ; l’époustouflante virtuosité habitée de l’accordéon de Jean-Michel Moal ; la rythmique implacable et subtile à la fois assurée par le batteur Manu Masko, par ailleurs jongleur ès-samples : tout est ici au top niveau. Avec l’apport d’une petite section de cuivres sur certains morceaux, quelques touches de banjo et de mandoline, une pincée de chœurs…


En exclusivité, un cadeau de Red Cardell : "Comme une pierre qui roule". Surtout, écoutez... 



Même si l’ensemble garde une couleur world, c’est bien d’un disque de chansons qu’il s’agit ici. En français dans le texte. Bourrées d’images à mitraille. Construites le plus souvent sur des mélodies évidentes qui vous pénètrent la tête pour ne plus en sortir. Travaillées avec une énergie live parfaitement traduite par Clive Martin. Des chansons avec tripes et âme, quoi, où passent sans jamais peser les ombres familières de Brel, Renaud, Lavilliers, Neil Young, Bob Dylan (ah, cet hommage au bluesman Robert “Crossroads” Johnson, emballé façon Maggie’s farm ou Motorpsycho nightmare) et autres balises de haut vol qui, au fil du temps, ont fait de Jean-Pierre Riou un voyageur avec bagages. Bon, on va s’arrêter là pour aujourd’hui. Ne pas dépecer trop vite cet album volontairement plus “clair”, moins expérimental que d’autres, lumineux et chargé à la fois, qui se danse autant qu’il s’écoute. Rendez-vous au printemps pour voir tout ça prendre vie sur scène, où Red Cardell sera accompagné par un trio de cuivres.

 

 

 

Par Jean Théfaine - Publié dans : Toutes les musiques - Communauté : je chante ,tu chante ,il chant
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil

Recherche

Calendrier

Août 2014
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés