Dylan selon Ben Sidran : vraiment différent…

Publié le par Jean Théfaine

Dylan, toujours et encore, hé oui. Depuis que j’ai ouvert ce blog, j’ai régulièrement abordé le sujet. Frontalement, à travers ses derniers albums (lire par ailleurs) ; par la bande, via un brillant essai littéraire sur le monsieur. Ici, c’est d’un album de reprises dont j’ai envie de vous parler. Pas un avatar de plus, mais une balade hors-pistes qui, après m’avoir déstabilisé, me séduit chaque jour un peu plus. Comme un virus grippal avec effets secondaires positifs. Le visiteur du jour, c’est Ben Sidran, monument de la galaxie jazz, dont la carte de visite (musicien, chanteur, producteur, homme de radio…) est épaisse comme un dictionnaire. Si vous avez un peu de temps, cliquez donc sur le lien précédent pour prendre la mesure de la bête. Baptisé le “jazz rappeur” par un journaliste du London Times, Ben Sidran le crooner soul a une couleur de voix, un phrasé et un jeu de piano tellement éloignés du monde dylanien qu’on pouvait légitimement se demander ce qui sortirait de l’aventure. Le résultat - étiqueté Dylan different - est bluffant.

Gare à la crise cardiaque chez les puristes. Mélodiquement, c’est pour une large part méconnaissable. Vocalement, on est aux antipodes des éraillements de Bob. Rythmiquement, c’est plus une longue dérive moelleuse, tout en subtilités, qu’une pièce montée pour l’épate. Et pourtant, au bout du compte, c’est la fascination qui l’emporte. Fascination, notamment, pour l’intelligence de cette approche si… différente qu’elle est, au final, plus fidèle à l’esprit Dylan qu’un tas d’autres plus “conformes”. Un des mérites éclatants de cette démarche, c’est de mettre en avant les textes du Zim avec une “vérité” qui leur apporte une saveur et une force inédites. Pour le reste, laissez-vous embarquer dans le flux hypnotique tissé par Ben Sidran entre voix et claviers, avec la complicité d’autres aliens qui s’appellent notamment Rodolphe Burger (dans le studio alsacien duquel s’est fait l’enregistrement), Georgie Fame, Jorge Drexler…



En soulman crépusculaire qu’il est (l’expression est d’un chroniqueur d’Actu Musique SFR), l’hombre donne une telle couleur ambrée aux classiques dylaniens que, dans le même mouvement, on éprouve le besoin de retourner un instant aux originaux pour comparer les deux liqueurs. Ben Sidran ne s’est pas attaqué à Like a rolling stone, mais Blowin’ in the wind est au menu (magnifiquement dépouillé), tout comme Rainy day women # 12 & 35, Ballad of a thin man, ou encore All I really want to do. Un fameux bouquet à apprivoiser. Rejet total ou griserie garantie : it depends of chacun. Moi je coule cool…

Publié dans Toutes les musiques

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Jean Théfaine 08/12/2009 15:21


Un nouveau mille-feuilles, j'aime beaucoup l'image.


Elie 08/12/2009 14:16


Ouh ! Ca me plait beaucoup !
Ca fait un nouveau milles-feuilles !


Rozéfré 06/12/2009 22:05


Bonne continuation