Le grand village de Red Cardell

Publié le par Jean Théfaine

Pour ses quinze ans d’existence discographique (Rouge, le premier opus, en anglais et en breton dans le texte, était paru en 1993) Red Cardell avait sorti l’an dernier un fameux Banquet de cristal. Quinze titres, comme il se doit, sur lesquels le trio quimpérois avait invité à le rejoindre quelques uns de ceux dont il a croisé la route : les Ukrainiens de Gourtopravci, mais aussi Thomas Fersen, Christophe Miossec, Yann Tiersen, Dan ar Braz, Stéphane “Négresses Vertes“ Mellino, Jimme “Silencers” O’Neill, Gérard Blanchard, Philippine, Dr  Das d’Asian Dub Fondation ; et puis encore le piper Ronan Le Bars, le bagad Kerné, la chanteuse Louise Ebrel, les frères Guichen ; et puis et puis, cerise sur le gâteau, Farid Aït Siameur, avec qui la bande débuta en avril 1990 sous la bannière de Penfleps.

L’album était magnifique et on aurait pu en rester là. Sauf que la tournée qui suivit, avec une partie des invités dans le sillage, fut tellement jubilatoire qu’une suite s’imposait. Ça vient de paraître, ça s’appelle La fête au village, et ça revisite live une partie du Banquet de cristal, avec une poignée de surprises en prime. A part deux plages dispensables – Sous le soleil de bodega, par un Stéphane Mellino à la voix bancale, et Elle voulait revoir sa Normandie, par un Gérard Blanchard trop bordélique – c’est un sans faute. Un modèle de fusion “évidente” entre rock tendu, blues secoué, racines bretonnes, traditions d’ailleurs, implants électro, samples malins. Un torrent d’énergie à la vigueur quasi punk, catalysé et canalisé par trois complices soudés par plus de 1500 concerts.

 

Parole de convaincu qui soutient le trio depuis ses débuts, il serait temps d’accorder les deux oreilles et la queue à Jean-Pierre Riou (chanteur-auteur-compositeur et guitariste charismatique), Jean-Michel Moal (accordéoniste extra-terrestre)  et Manu Masko (batteur intraitable). Pour leurs qualités intrinsèques, autant que pour leurs facultés à fédérer, et fondre dans un métal bien à eux, des talents  de tous horizons. Or donc, si vous n’êtes pas de ceux qui hésitent à s’aventurer hors de leur champ auditif habituel, si vous aimez vous évader des “petites boîtes toutes pareilles” épinglées autrefois par Græme Allwright, faites un crochet par cette “Fête au village” planétaire proposée par Red Cardell. Et, surtout, essayez de voir la bande sur scène, si elle est programmée près de chez vous. C’est le 12 septembre, à Ouessant, avec la quasi totalité des invités du Banquet de cristal, que prendra fin en technicolor et cinémascope la tournée en cours. En attendant, la meute a, sur son agenda, d’autres dates que vous pouvez découvrir sur son site :

http://www.redcardell.com/

 

 

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